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Tibetdoc.org et Chine-écologie.org au Colloque sur l'Amitié belgo-chinoise à Bruxelles

par Elisabeth Martens, le 6 février 2026

Un colloque sur l'Amitié des peuples entre la Chine et la Belgique s'est tenu le 4 février 2026 à l'ambassade de Chine à Bruxelles. Monsieur Yang Wanming, Président de l'Association du Peuple chinois pour l'Amitié avec l'étranger, puis Monsieur Fei Shengchao, Ambassadeur de Chine en Belgique, ont pris la parole mettant en avant l'importance des ponts à construire entre la Chine et l'Europe, en particulier avec la Belgique, première représentante de l'Europe. « Ceci est d'autant plus important dans un contexte international peu sécurisant », a déclaré Mr Yang.

Plusieurs acteurs de l'amitié belgo-chinoise sont ensuite intervenus dont le Ministre d’État, Président honoraire de la Chambre des Représentants belge, Monsieur André Flahaut qui a souligné l'importance d'oser aller à contre-courant. C'est ce que nous faisons depuis la création de nos sites et la publication de nos livres et articles. Ci-dessous, mon intervention présentant notre travail lors du colloque.

Mr Fei Shengchao, Ambassadeur de Chine en Belgique et Mr Yang Wanming, Président de l'Association du Peuple chinois pour l'Amitié avec l'étranger (4-2-2026)
Mr Fei Shengchao, Ambassadeur de Chine en Belgique et Mr Yang Wanming, Président de l'Association du Peuple chinois pour l'Amitié avec l'étranger (4-2-2026)

« Monsieur le Président, Monsieur l’Ambassadeur, chères amies, chers amis, je vous remercie de me donner la parole pour présenter le travail de notre petite équipe de Belges, amis de la Chine.

Je voudrais vous parler brièvement de nos deux sites internet, puis de mes deux derniers ouvrages publiés en 2025.

Le premier site, tibetdoc.org, a été créé en 2008 par mon mari, aujourd’hui disparu, JP Desimpelaere, qui organisait des voyages en Chine dans le cadre de l'Association Belgique-Chine. Entre 1995 et 2009, nous avons effectué de nombreux séjours au Tibet-Xizang et dans les régions tibétaines. Nous avons pu y observer de visu des transformations majeures : amélioration du niveau de vie, développement économique, accès aux soins de santé, à l’éducation et recul de la pauvreté.

À notre retour, nous avons tenté de partager ces constats à travers des livres et des conférences, mais nous nous sommes heurtés à une forte désinformation sur le Tibet moderne menée principalement par l'ICT (International Campaign for Tibet) et les groupes « Free Tibet ». Après le soulèvement de 2008 à Lhassa, cette désinformation s’est amplifiée. Nous avons donc décider de créer le site tibetdoc.org pour proposer une information plus documentée et plus nuancée, en présentant à la fois l’histoire de la région et les évolutions actuelles.

Près de vingt ans plus tard, le site compte plus de 850 articles et plus de 3,5 millions de vues. Il s’est élargi à d’autres sujets qui nous tiennent à cœur, notamment le Xinjiang et le problème sécuritaire dans la région et les pays limitrophes, ainsi que les questions écologiques liées au Haut Plateau tibétain.

C’est d’ailleurs ce qui m’amène au second site, chine-écologie.org, lancé en 2020 pendant le confinement. En tant que biologiste, j'ai été frappée par le manque d'informations concernant les avancées spectaculaires de la Chine en matière d’environnement et d'énergies « vertes ». J’ai donc voulu rassembler des informations fiables sur les énergies renouvelables — éolien, solaire, hydraulique, hydrogène vert — mais aussi sur l’usage de l’intelligence artificielle dans la lutte contre le changement climatique.

Le site chine-écologie.org présente également de grands programmes environnementaux menés par la Chine : la « Grande Muraille verte » et ses vastes campagnes de reboisement (66 milliards d'arbres plantés entre 1978 et 2025), mais encore des programmes récents : la gestion de l'eau dans la réserve de Sanjiangyuan, la restauration des rivières, des zones humides et des écosystèmes fragiles. L'initiative « Shan-Shui », mise en place par le gouvernement chinois en 2016, coordonne 44 grands projets dans des zones écologiques clés à travers toute la Chine. Il vise à restaurer de manière holistique divers écosystèmes de paysages naturels. Lors de la COP15, l'initiative Shan-Shui a été reconnue par les Nations unies comme l'un des dix premiers projets phares mondiaux de restauration écologique.

Bien sûr, des défis importants subsistent pour la Chine en matière d'écologie, notamment la réduction de la dépendance aux énergies fossiles. Mais ses efforts montrent l’émergence d’un nouveau modèle de société qui ne peut plus se faire contre le vivant, mais en cohabitation pacifique avec notre environnement, un modèle que le président Xi Jinping a nommé la « Civilisation écologique ».

Aujourd’hui, plus de 600 articles sont accessibles sur chine-écologie.org, déjà consultés plus de 2 millions de fois.

 

Enfin, je terminerai par mes deux livres récents.

Le premier, « Tibet en transition », est un récit de voyage inspiré de mon périple de 2019 jusqu’à l’ouest du Tibet, autour du mont Kailash, jusqu'au royaume de Gugé et retour par la réserve naturelle du plateau de Changtang. À travers cette expérience et les souvenirs de mes 6 autres voyages au Tibet-Xizang, j’y retrace l’évolution de la région sur trente années, et j'y résume notre travail pour apporter un autre éclairage sur le Tibet contemporain.

Le second ouvrage, « Des Ouïghours sur la route de la soie », porte sur le Xinjiang. Il s’appuie sur des visites de terrain et des rencontres avec des acteurs locaux : responsables d’écoles, d’hôpitaux, d’installations énergétiques et des responsables religieux. Le livre aborde l’histoire des Ouïghours, les enjeux sécuritaires, le développement économique de la région. Il souligne également le rôle stratégique du Xinjiang dans les nouvelles routes de la soie, un pont entre les peuples et un espoir de paix pour le monde.

À travers ces sites et ces livres, notre objectif reste simple : partager des observations de terrain et contribuer ainsi à une meilleure compréhension mutuelle entre la Chine et la Belgique tout en nourrissant notre longue et fructueuse amitié.

Je vous remercie pour votre aimable attention. »