Les « dakinis », maîtresses secrètes des lamas tibétains

par Elisabeth Martens, le 18 mai 2020

Le dalaï-lama dit : « Je suis résolument féministe et je me réjouis de voir des femmes de plus en plus jeunes accéder à de hautes responsabilités », et s'adressant directement aux plus jeunes, il ajoute : « Prenez le leadership car nous avons besoin de vous pour promouvoir l'amour et la compassion. »1 Comment est-on censé interpréter la déclaration de Sa Sainteté après les nombreux scandales sexuels qui ont éclaté dans les communautés bouddhistes depuis le début du siècle tant en Europe, qu'en Amérique ou en Australie ?

« Quand le Tibet s’éveillera » passé au crible.  Alexandre Adler : un curieux expert

 par André Lacroix, le 17 mars 2020

Le célèbre historien et journaliste, Alexandre Adler, spécialiste des relations internationales, a publié début 2020 aux éditions du Cerf son 28e livre, dont le titre rappelle évidemment Quand la Chine s’éveillera, l’essai fameux d’Alain Peyrefitte paru il y a presque un demi-siècle. Le livre d’Adler fera-t-il date comme celui de Peyrefitte ? C’est peu probable, car, même s’il nous donne sur la question tibétaine un éclairage pour le moins original, il pèche par de nombreux défauts de forme et de fond.

Washington voudrait s’immiscer dans le choix d’un 15e dalaï-lama

par Albert Ettinger, le 12 novembre 2019

Le « gouvernement tibétain en exil » et ses patrons à Washington s’inquiètent. L’âge avancé et la santé de plus en plus fragile du 14e dalaï-lama leur font craindre la disparition plus ou moins imminente de cette figure emblématique du séparatisme tibétain. Qui sera en mesure de la remplacer et de servir ses maîtres américains avec le même empressement ? En tout cas, les États-Unis semblent vouloir s’immiscer dans le choix d’un nouveau dalaï-lama, tandis qu’ils contestent les droits souverains de la Chine dans cette affaire.

De l’émerveillement à la stupéfaction : Matthieu Ricard peut tout se permettre.

par André Lacroix, le 15 octobre 2019

Au cours de l’excellente émission culturelle « Entrez sans frapper » animée par Jérôme Colin sur les ondes de la RTBF, Matthieu Ricard est venu, le 10 octobre 2019, présenter son livre de photographies intitulé Émerveillement. Il y fut longuement question de la beauté du monde et d’écologie … jusqu’à ce que, en toute fin d’émission, l’animateur pose à l’auteur la question qui fâche…

Les moyens habiles du dalaï-lama

par Elisabeth Martens, le 9 février 2019

Pour qu'un enseignement ne soit pas une religion mais un chemin de vie, une sagesse, une philosophie, tel que le bouddhisme est présenté chez nous, il ne suffit pas d'en éjecter les dieux et les pouvoirs surnaturels. Il ne suffit pas qu'il soit athée, il faut encore qu'il soit exempt de dogme. Le dharma est certes athée, mais il ne faut pas chercher loin pour y repérer des dogmes : le samsara et le nirvana sont les plus évidents. Tous deux s'inscrivent dans un temps cyclique, encore un dogme, que le bouddhisme partage avec les autres religions de l'Inde traditionnelle.

Bouddhisme et déviances sexuelles :  le dalaï-lama savait…

par Albert Ettinger, le 16 octobre 2018

Le 16 septembre 2018, l’information fit le tour du monde, et les médias francophones répétaient, en des mots quasiment identiques, ce que venait de diffuser l’AFP en se basant sur une interview du dalaï-lama à la télévision publique néerlandaise NOS. Selon ses propres aveux, « Sa Sainteté » avait « depuis 1993 » connaissance d’agressions sexuelles commises par des lamas.

Le dalaï-lama n’a pourtant rien fait. Il a gardé le silence… pendant 25 ans !

Qu’ont-ils fait du bouddhisme ? Bonne question !

par André Lacroix, le 2 avril 2018

Il y a deux ans, la jeune chercheuse française Marion Dapsance publiait aux éditions Max Milo les conclusions de son enquête sur les dérives du lama Sogyal Rinpoché et du centre Rigpa sous le titre Les dévots du bouddhisme. Comme on pouvait s’y attendre, ce livre n’a laissé personne indifférent (1). Dans son nouvel essai, paru aux éditions Bayard en 2018, Marion Dapsance prouve qu’elle n’est pas seulement une anthropologue décrivant avec minutie le fonctionnement d’une institution ; cette fois, elle élargit le propos en vue de répondre à la question : mais comment en est-on arrivé en Occident à expurger le bouddhisme de sa religiosité constitutive pour en faire une espèce de sagesse supranationale capable d’apporter le bonheur aux individus ?

Un lama abusif devant une cour d’appel

par André Lacroix, le 13 mars 2018 -  Actualisation 1(*Actualisation n° 2 (**) Actualisation n° 3 (***)

On se souvient du cas de Robert Spatz (alias le Lama Kunzang Dorjé) et de sa secte OKC (Ogyen Kunzang Chöling) se mouvant dans l’aura du bouddhisme tibétain, dont les comportements aberrants ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Bruxelles à quatre ans de prison avec sursis et à la confiscation de plus de 4 millions et demi d’euros. C’était le 15 septembre 2016 : le verdict était rendu après dix-huit (!) ans d’enquête. Pour se remettre en mémoire cette affaire et les remous qu’elle a provoqués, lire l’analyse détaillée qu’en a fournie Albert Ettinger le 22 octobre 2016 (1).

Histoire du bouddhisme tibétain en Occident, mindfulness en bonne conscience (2ème partie)

par Elisabeth Martens, le 21 février 2018

Le 14ème dalaï lama attache une grande importance au tantra de Kalachakra car, dit-il, « il prend tout en compte : le corps et l'esprit humain, l'aspect extérieur total, cosmique et astrologique. Par sa pratique complète, il est possible d'atteindre l’Éveil en une seule vie. Nous croyons fermement en son pouvoir de réduire les tensions, nous l'estimons apte à créer la paix, la paix de l'esprit, et par conséquent à favoriser la paix dans le monde » (1). Une telle efficacité vaut bien les pratiques de la « Pleine conscience » qui elles aussi réduisent nos tensions, diluent notre stress et nous apportent la paix intérieure. Auraient-elles un lien ?

Histoire du Bouddhisme tibétain en Occident, mindfulness en bonne conscience (1ère partie)

par Elisabeth Martens, le 30 janvier 2018

Dans mon article précédent concernant le « mindfulness », une pratique méditative qui obtient un franc succès actuellement et appelée chez nous « méditation de pleine conscience », j'ai montré les connexions existant entre les promoteurs de cette pratique et le bouddhisme tibétain (1). Je reçois des réactions (merci!) dont l'idée principale est que la très grande majorité des adeptes du mindfulness n'est pas politisée ou/et n'a aucune inclination religieuse, qu'ils pratiquent le mindfulness pour se calmer, se détendre, gérer le stress, bref, pour se faire du bien dans un monde ressenti comme envahissant, voire agressif.

La « Pleine conscience », une vitrine du bouddhisme, une percée du bouddhisme tibétain

par Élisabeth Martens, le 1 janvier 2018

L'association pour le développement de la Mindfullness (ADM) a pour objet de promouvoir et diffuser la méditation de Pleine Conscience dans les pays francophones européens. Sur la page d'accueill du site de l'ADM, on lit: « Cette association est née en 2009 dans le but de promouvoir et de diffuser auprès du grand public les actions autour de l'utilisation de la pleine conscience comme outil de mieux-être, en dehors de tout contexte religieux. » (1) Sur d'autres sites et blogs diffusant les techniques de la Mindfullness, on parle de « pratiques laïques ».

Encore un moine bouddhiste accusé de comportements déviants

par André Lacroix, le 4 décembre 2017

Après le scandale de Sogyal Rinpoché (voir L'aura des centres « Rigpa » du bouddhisme tibétain frémit) que le dalaï-lama a bien dû se résigner à désavouer (voir Le dalaï-lama désavoue Sogyal Rinpoché), voilà un autre moine bouddhiste de premier plan devant faire face à de graves accusations, comme le révèle The Guardian du 29 novembre 2017, mettant à jour un article du 27 octobre, signé Katherine Ellison à San Francisco et Rory Carroll à Los Angeles, et complété par Julia Carrie Wong.

L'aura des centres « Rigpa » du bouddhisme tibétain frémit

par André Lacroix, le 3 mars 2017

Après Philippe Cornu, dans Le Monde des Religions (02/11/2016), c’est au tour d’Éric Rommeluère, son collègue de l’Institut d’études bouddhiques, de critiquer, dans la revue Esprit (23/12/2016), le livre de Marion Dapsance, « Les dévots du bouddhisme », publié quelques mois plus tôt par les éditions Max Milo.

Quand la foi devient mauvaise foi, même dans le bouddhisme !

par André Lacroix, le 2 mars 2017

(mise à jour, le 5 novembre 2017)

Philippe Cornu est un bouddhologue français à l’érudition incontestée, chargé de cours à l’INALCO (Paris) et professeur à l’UCL (Université Catholique de Louvain-la-Neuve, Belgique). C’est aussi le disciple du sulfureux lama Sogyal Rinpoché dont les comportements déviants, au sein du groupe Rigpa bien installé en France, ont été mis en lumière par Marion Dapsance dans son livre Les dévots du bouddhisme, Max Milo, 2016 (voir une recension critique de ce livre par Élisabeth Martens sur le site www.tibetdoc.org).