« Les Chinois sont notre malheur ! » (1)

par Albert Ettinger, le 24 avril 2020

Face aux critiques concernant leur gestion de la crise du Covid-19, les dirigeants occidentaux, Trump en tête, ont trouvé le bouc émissaire idéal. Ils n’ont pas tardé à lâcher leurs chiens de garde idéologiques, médiatiques et « scientifiques » pour conspuer la Chine, l’accusant d’être responsable du malheur qui frappe leurs sociétés gangrenées par des décennies de réformes néolibérales et mises en danger par leurs dirigeants incompétents et irresponsables. C’est dans ce contexte que des « parlementaires, universitaires, avocats et responsables politiques » (2) viennent d’affirmer dans une lettre ouverte que le Parti communiste Chinois « met en danger les citoyens chinois et le monde ».(3) Qui sont ces gens ? Peut-on se fier à leur jugement et à leurs paroles ?

La Chine dans le collimateur du « soft power » américain - 4e partie : mensonges et faux témoignages

par Albert Ettinger, le 3 avril 2020

Faut-il croire sur parole les allégations des ONG « humanitaires » basées à Washington et les histoires que les services de renseignements US, certains « chercheurs indépendants » et les médias occidentaux nous racontent au sujet de « crimes contre l’humanité » au Xinjiang chinois ? Rien n’est moins sûr. À regarder la récente campagne de près, on reconnait le même schéma et les mêmes procédés qui ont été maintes fois utilisés contre les pays pris dans le collimateur de l’empire US. Ces procédés incluent les faux témoignages, les mensonges, les distorsions, les affabulations, la désinformation, ainsi que la victimisation et le déguisement des pires malfaiteurs en « combattants pour la liberté ». C’est pourquoi ceux qui connaissent un peu l’histoire et les méthodes de la propagande américaine se méfient de tout ce qui provient de ces sources, et ils ont bien raison de le faire.

La Chine dans le collimateur du « soft power » américain - 3e partie : les ONG sous influence

par Albert Ettinger, le 27 mars 2020

Elles constituent un important outil du soft power américain : la myriade d’organisations « humanitaires » ou « droits-de-l’hommistes » (1) téléguidées et manœuvrées par Washington. Des organisations paraétatiques dirigées et financées directement par le gouvernement US font fonction de « navires-mères » autour desquels opère une armada internationale d’ « ONG » plus spécialisées.

La Chine dans le collimateur du « soft power » américain - 2e partie : Ces réseaux atlantistes qui ont infiltré l’Europe

 par Albert Ettinger, le 27 février 2020

Comment expliquer que, en dépit du caractère scélérat de la politique de l’Empire (guerres d’agression, crimes de guerre, exécutions et emprisonnements extra-judiciaires, sanctions, chantage), la plupart des politiciens de « l’ancienne Europe » restent les vassaux fidèles de l’hégémon US ? Pourquoi les grands médias européens reprennent-ils la propagande souvent mensongère du gouvernement et des médias américains ? Pourquoi mettent-ils l’Europe en garde contre un prétendu danger de dépendance vis-à-vis de la Chine (ou de la Russie) et contre un « lobby chinois », alors que l’Europe est en réalité et depuis longtemps dépendante des États-Unis et qu’un lobby extrêmement influent y défend les intérêts de la superpuissance américaine.

Washington, atteint de la folie des grandeurs, menace la Chine au sujet du Tibet

par Albert Ettinger, le 31 janvier 2020

Décidément, on aura tout vu (ou presque) ! Voilà qu’à Washington la Chambre des représentants vote en faveur de sanctions contre des responsables chinois s'ils venaient à se mêler de la désignation du prochain dalaï-lama. Les élus délaissent pour un temps leur interminable tragicomédie ubuesque autour du fantasme des complicités russes ou ukrainiennes de l’actuel « Mr President » pour, ensemble, menacer la Chine au cas où celle-ci oserait influencer (et reconnaître !) le choix d’un dignitaire religieux … chinois.

La Chine est-elle capitaliste?

par Marc Vindepitte, le 30 janvier 2020

Si l’on veut en croire ce qui s’écrit à droite comme à gauche, pour la Chine, la messe est dite ! Le pays aurait capitulé et serait devenu capitaliste, quoi que le régime chinois lui-même puisse prétendre. C’est précisément cette opinion quasi unanime, que les économistes Rémy Herrera et Zhiming Long combattent avec verve dans leur livre ‘La Chine est-elle capitaliste?’.

"La Chine est-elle capitaliste?", Rémy Herrera & Zhiming Long, Éditions Critiques, 2019, 199 p.

La Chine dans le collimateur du « soft power » américain: 1ère partie : Les « bons » et les mauvais espions

par Albert Ettinger, le 26 janvier 2020

Notre époque est caractérisée par l’importance croissante des pays d’Asie dans l’économie mondiale et tout particulièrement par le retour spectaculaire de la Chine, devenue première puissance économique mondiale (1), sur la scène internationale. Cette évolution ne plait pas à tout le monde, d’autant plus qu’elle s’accompagne d’un déclin marqué des principales puissances occidentales. Celles-ci, États-Unis en tête, réagissent avec des mesures qui visent à freiner coûte que coûte l’essor chinois, en essayant d’affaiblir l’économie du pays, de ternir sa réputation, de l’isoler, de le déstabiliser ou, mieux encore, de le dépecer (2). Ces mesures touchent tous les domaines : politique, économique, militaire, idéologique et culturel.

Face au terrorisme ouïghour, le « deux poids, deux mesures » habituel de l’Occident à l’égard de la Chine

par Albert Ettinger, le 9 janvier 2020

Notre article sur la décision de l’ULB (Université Libre de Bruxelles) d’arrêter sa collaboration avec l’Institut Confucius nous a valu une réaction de la part d’un lecteur courroucé. Dans son courriel, il s’est fait l’écho de tous les griefs contre la Chine que nos médias atlantistes répètent à l’infini et qui culminent dans le reproche fait au gouvernement communiste de viser l’« annihilation (culturelle si possible, physique si il le faut) » des Ouighours au Xinjiang comme celle des Tibétains au Tibet.

J’y ai répondu en m’adressant personnellement à ce Monsieur M. qui, manifestement, ne porte pas la Chine dans son cœur. Voici la seconde partie de ma lettre.

Après le Tibet, le Xinjiang devient l’objet de la propagande « humanitaire » antichinoise de Washington

par Albert Ettinger, le 8 janvier 2020

Notre article sur la décision de l’ULB (Université Libre de Bruxelles) d’arrêter sa collaboration avec l’Institut Confucius nous a valu une réaction de la part d’un lecteur courroucé. Dans son courriel, il s’est fait l’écho de tous les griefs contre la Chine que nos médias atlantistes répètent à l’infini et qui culminent dans le reproche fait au gouvernement communiste de viser l’« annihilation (culturelle si possible, physique si il le faut) » des Ouighours au Xinjiang comme celle des Tibétains au Tibet.

J’y ai répondu en m’adressant personnellement à ce Monsieur M. qui, manifestement, ne porte pas la Chine dans son cœur. Voici la première partie de ma lettre, très légèrement modifiée pour les besoins de TibetDoc.

Confucius ou dalaï-lama ? L’ULB a choisi.

Par André Lacroix, le 27 décembre 2019

L’ULB (Université Libre de Bruxelles) a cessé sa collaboration avec l’Institut Confucius. Selon les autorités universitaires, « cette collaboration était considérée comme pauvre, voire handicapante. L’intérêt décroissant de professeurs pour des collaborations à travers l’Institut, le faible retour sur investissement en temps, ressources humaines et logistiques de la part de l’ULB, l’absence de transparence dans le choix des enseignants et des projets financés constituaient autant de sources d’interrogation » (1). En résumé, « Trop peu de retombées et d’activités académiques » (2).

Quand on creuse un peu, on s’aperçoit que les raisons avancées pour cette rupture sont plutôt des prétextes que de véritables motifs.

Liu Xiaobo : le scotome occidental, une tache aveugle dans le champ visuel de l’Occident

par André Lacroix, le 20 juin 2019

« Liu Xiaobo, l’homme qui a défié Pékin », tel est le titre d’un reportage et d’un livre que Pierre Haski a consacrés à celui qui a reçu le Prix Nobel de la Paix en 2010 (1). Aucun téléspectateur, aucun lecteur, doué de sentiments humains, ne peut rester insensible à la destinée de Liu Xiaobo, cet intellectuel chinois que son opposition au régime a mené plusieurs fois en prison ; finalement libéré, il est mort d’un cancer en 2017. On peut aussi légitiment apprécier ses efforts pour que ne soit pas effacée de la mémoire chinoise la tragédie de Tian’anmen. On aurait aimé toutefois que le journaliste Pierre Haski mentionne à tout le moins, quitte à le contester, le point de vue du gouvernement chinois sur le célèbre dissident, devenu une icône du « monde libre ».

Un regard sur la Chine lucide et amical (recension du dernier livre de Claude Meyer) 

par André Lacroix, le 28 janvier 2019

Voilà un livre tout à fait intéressant, qui jette sur la Chine un regard à la fois lucide et amical. Il se compose de trois parties (faisant au total huit chapitres) :

1ère partie : Les trois ambitions planétaires de la Chine à l’horizon 2030 (chapitres 1 à 3)

2ème partie : Le grand écart entre Lénine et Confucius (chapitres 4 et 5)

3ème partie : La Chine et l’Occident, confrontation culturelle et idéologique (chapitres 6 à 8)

L’expérience chinoise dans une perspective planétaire

 par John Cottenier 5 septembre 2018

L’analyste John Cottenier, de l’Institut des Études marxistes de Belgique, a participé au 2e Congrès mondial du marxisme qui s’est tenu à Pékin les 5 et 6 mai 2018 à Pékin. Voici le texte de sa communication (traduite de l’anglais par André Lacroix). Les illustrations sont dues à la rédaction.

Un parlementaire européen répond à ma lettre ouverte : discussion

par André Lacroix, le 8 avril 2018

Début mars, je lançais une lettre ouverte critiquant une pitoyable résolution votée par le Parlement européen à propos des droits de l’homme en Chine (*). Si j’excepte un bref accusé de réception critique, un seul parlementaire européen a daigné réagir de façon argumentée, ce qui a donné lieu à un échange de courriels assez intéressant. N’ayant pas obtenu de sa part la permission de publier cette correspondance in extenso, je la reproduis ci-dessous en supprimant tout ce qui permettrait de l’identifier.

L’Europe divisée face à la Chine ?

par André LACROIX, le 28 février 2018

Le site « France-Tibet » se fait un plaisir de reproduire régulièrement les articles de Libé empreints de préjugés antichinois ou simplement manifestant une peur de ce nouveau géant (1). Cette fois il s’agit de propos tenus par Mme Angela Merkel à l’occasion de la visite à Berlin de son homologue macédonien M. Zoran Zaev (2) sous le titre BERLIN / PEKIN : Merkel met en garde contre l’influence de la Chine dans les Balkans.

à propos de l'autobiographie de Tashi Tsering : censure et « soft power » en Chine

par André Lacroix, le 19 juillet 2015

Le lecteur trouvera ici :

 -la traduction d’un article remarquable, en deux chapitres, intitulé : « Une recension de ‘The Struggle for Modern Tibet’ et une comparaison entre éditions ». Il concerne l’autobiographie de Tashi Tsering dont l’édition originale est en anglais, suivie par une édition chinoise. Cet article compare les deux éditions. Il a été rédigé par la chercheuse sino-américaine Xiaoxiao Huang et publié le 26 octobre 2009 par la Columbia University de New York.

Réflexions à propos de l’ouvrage de Serge Kœnig, Alpiniste et diplomate, j’entends battre le cœur de la Chine (1)

par André Lacroix, le 28 janvier 2014

Alpiniste chevronné, l’Alsacien Serge Kœnig a participé à quatre expéditions sur l’Everest.  Aujourd’hui vice-consul de France à Chengdu, la capitale du Sichuan, il est la cheville ouvrière d’une sorte de jumelage entre les Alpes françaises et les montagnes de l’Ouest de la Chine. 

Mieux comprendre la Chine et ses questions épineuses :démocratie, liberté individuelle, droits de l’homme, corruption, enfant unique… et le Tibet !

par André Lacroix, le 10 mars 2013

Il y a quarante ans tout juste,  Alain Peyrefitte publiait son célèbre essai Quand la Chine s’éveillera.  Le moins qu’on puisse dire est que ce réveil a été spectaculaire.  Après des siècles de domination européenne et puis états-unienne, on peut sans doute affirmer que le 21e siècle sera marqué par l’hégémonie chinoise. Un tel bouleversement ne peut manquer de réveiller chez nombre d’Occidentaux la hantise du péril jaune et, pour conjurer leur peur, ils s’empressent de transformer la Chine en repoussoir.  Que cet immense pays, confronté à d’énormes problèmes, fasse l’objet de sévères critiques, cela peut se comprendre.  Encore faut-il raison garder.

La Chine en ce début du 21e siècle

par André Lacroix, le 1 mars 2013

Il y a quarante ans tout juste, Alain Peyrefitte publiait son célèbre essai « Quand la Chine s’éveillera ». Le moins qu’on puisse dire est que ce réveil a été spectaculaire. Après des siècles de domination européenne et puis états-unienne, on peut sans doute affirmer que le 21e siècle sera marqué par l’hégémonie chinoise.

En réponse à l’article de Slavoj Zizek (1) à propos de la Chine

dimanche 8 juin 2008, par Elisabeth Martens

Si Mr Slavoj Zizek analyse avec un regard relativement serein les relations difficiles qui se sont tissées entre le Tibet et la Chine au fil des siècles et ce jusqu’au 20ème, par contre, dans la dernière partie de son article, il semble confondre – il est loin d’être le seul ! – « démocratie » et « marché libre ».A l’époque de la France glorieuse, « liberté, égalité, fraternité » ont résonné triomphalement, mais il fallut peu de temps pour que ce triomphalisme échoie aux seules bonnes fortunes capables d’investir en des entreprises défigurant l’égalité et la fraternité, et brandissant la flamme olympique. La liberté restante fut celle de la concurrence, poussant les populations vers un consumérisme effréné, semant entre elles l’inégalité et la compétition.