L'exil du dalaï-lama

par Elisabeth Martens, le 7 mars 2019

Ce mois de mars 2019, le 14ème dalaï-lama commémore soixante ans d'exil, un « siècle » dans le calendrier chinois. Il ne s'attendait sans doute pas à ce que son exil provoque, chez nous, le remue-ménage que l'on sait. Avait-t-il prévu que son exil allait mettre en branle une machine médiatique d'une ampleur telle que l'opinion publique occidentale ne pourrait que se ranger derrière ses revendications d'indépendance du Tibet ? Avait-il prévu que cette machine médiatique serait l'outil le plus efficace pour protéger et développer le bouddhisme en Occident, et l'arme la plus redoutable pour défendre les privilèges de son clergé ?1 En tout cas, ce qu'on a pu constater, c'est qu'une fois sa « veste retournée » et sa main posée dans celle d'Oncle Sam, le dalaï-lama n'est plus revenu sur sa décision, même se prétendant encore « semi-marxiste, semi-bouddhiste ».

Le dalaï-lama, « un marxiste en robe bouddhiste »

par Elisabeth Martens, le 3 mars 2019

Le dalaï-lama n'avait que seize ans en 1951, quand l'APL (Armée Populaire de Libération, armée chinoise) est entrée dans les rues de Lhassa.  Quatre ans plus tard, après avoir participé à une première Assemblée Populaire Nationale à Pékin à laquelle il fut convié en tant que délégué pour le Tibet, le 14ème dalaï-lama déclarait, très enthousiaste : « j'ai entendu parler le président Mao de différentes questions et j'ai reçu de lui des instructions. Je suis parvenu à la ferme conclusion que les brillantes perspectives pour le peuple chinois dans son ensemble sont aussi les perspectives pour nous les Tibétains. Le chemin de notre pays tout entier est aussi notre chemin et ce ne sera pas un autre »1.

Le double objectif du dalaï-lama, temporel et spirituel

par Elisabeth Martens, le 26 février 2019

Déjà dix ans avant le départ du dalaï-lama en 1959, l'exil des Tibétains est à situer dans le contexte de la Guerre froide, une guerre qu'au nom de la démocratie et de la liberté, l'Occident va mener loin de chez lui, déchiquetant tour à tour la Corée et le Vietnam. En effet, après la Seconde guerre mondiale, les Américains se sont donné pour tâche d'éradiquer l'ensemble du « bloc communiste » dispatché sur les cinq continents (bien que l'Afrique fût peu représentée). La Chine fut d'emblée dans le collimateur de leur « chasse aux sorcières », les États-Unis avaient d'ailleurs déjà un pied dans l’entrebâillement de la porte grâce aux liens créés avant la Seconde guerre mondiale avec le Kuomingtang, le parti Nationaliste chinois, et son dirigeant, Tchang Kaï-chek.

La face officielle du dalaï-lama : International Campain for Tibet

par Elisabeth Martens, le 15 février 2019

Pendant les décennies cinquante et soixante, les États-Unis ont régulièrement fourni des armes aux rebelles tibétains pour soutenir leur lutte pour l'indépendance. A partir des années septante, ils allaient changer leur fusil d'épaule et dispenser leur aide sous forme logistique et financière. Le but serait de développer une vaste campagne « pro-Tibet-libre ». En réalité, les Américains visaient surtout une campagne « anti-Chine ». C'était l'époque où les baba-cools et les communautés hippies revenaient des ashrams indiens et des plages de Goya, des sandales aux pieds et un petard aux coins des lèvres. Pendant qu'ils digéraient consciencieusement les paroles du Bouddha, les fondamentalistes américains avançaient les US$ sous la table pour que Dharamsala s'aligne à leurs exigences. La campagne « pro-Tibet-libre » » allait rapidement prendre une ampleur internationale. De Hollywood à Esalen, de Paris à Genève, de la gauche à la droite et du Nord au Sud, tout le monde y trouvait son compte. La ligne de conduite officielle du dalaï-lama et de son « gouvernement en exil » serait la résistance pacifique.

La face cachée du dalaï-lama : le Tibetan Youth Congress

par Elisabeth Martens, le 12 février 2019

Une partie du gouvernement tibétain en exil est ouvertement partisane du recours aux « upayas », ou « moyens habiles » mis en œuvre par les bouddhistes : la dissimulation, la ruse, l'hypocrisie, le mensonge, le combat, la violence, le meurtre sont autorisés quand il s'agit de défendre la « Bonne doctrine », le « dharma » ou « enseignement du Bouddha ». Le meurtre organisé à grande échelle est la « tensung », la « guerre de compassion », une guerre menée contre les ennemis du dharma et à laquelle sont appelés à participer tous les « guerriers de Bouddha ». Le dalaï-lama est conscient de cette violence latente au sein de la communauté tibétaine en exil, il ne s'y oppose pas. Le pacifisme affiché par « l'Apôtre de la Paix dans le monde » et par ses défenseurs inconditionnels n'a pourtant jamais écarté la possibilité d'un recours à la lutte armée.

Pourquoi diable des prêcheurs de haine adorent-ils l’ « apôtre de la compassion » ?

par Albert Ettinger, le 8 novembre 2018

Quel paradoxe : c’est justement sur un site « laïque » qu’une certaine Josiane Filio dit « tout le bien » qu’elle pense du dalaï-lama et de la « religion qui est la sienne ». (1) Autre fait tout aussi déconcertant, du moins à première vue : tout en chantant les louanges d’un bouddhisme prétendument « pacifique et fraternel », cette charmante dame se proclame « farouche patriote », se disant même prête « à défendre » son « pays jusqu'à la mort. »

Le dalaï-lama reverra-t-il un jour le Potala ?

par André Lacroix, le 10 avril 2018

D’après une dépêche du 1er avril 2018 émise par The Associated Press DHARAMSALA et reprise par le site France-Tibet, « le Professeur Lobsang Sangay, Premier ministre du Gouvernement tibétain autoproclamé en exil, a exhorté samedi [le 31 mars] ses compatriotes à redoubler d’efforts pour faire du retour du Dalaï-Lama dans son pays natal une réalité. »

Les frustrations de M. Lobsang Sangay

par André Lacroix, le 10 février 2018

Une fois de plus (1), et cette fois sous la plume d’Arnaud Vaulerin, Libé fait preuve de complaisance envers la pensée unique en relayant, sans le moindre esprit critique, les propos de Lobsang Sangay, le chef du « gouvernement tibétain en exil ». Son interview publiée le 26 janvier 2018 est titrée en grands caractères Tibet : « Nous avons perdu notre pays à cause d’une route ». 

Le dalaï-lama désavoue Sogyal Rinpoché

André Lacroix  8 septembre 2017

Le 15 septembre 2016, les éditions Max Milo publiaient Les dévots du bouddhisme, le journal d'enquête de Marion Dapsance sur les graves dérives de Sogyal Rinpoché, le lama du monastère Rigpa près de Lodève, inauguré en grande pompe en 2008 par le dalaï-lama, en présence de diverses personnalités comme Bernard Kouchner, Carla Bruni, Rama Yade et, bien sûr, Matthieu Ricard.

La « région pacifique » du dalaï-lama commentée par un Chinois au service des États-Unis

par Albert Ettinger, le 9 mars 2017

La seule chose nouvelle et remarquable dans l’article paru sur le site de France-Tibet le 21 février (1) et rédigé par un dissident chinois installé aux États-Unis, Han Lianchao (2), est l'affirmation suivante : « La conception du Dalaï Lama d’une région pacifique n’est qu’une suggestion et non l’exigence de voir l’ALP quitter le Tibet. » Mais il ne s’agit là que d’une affirmation provenant non pas du « gouvernement en exil » et de son « chef spirituel », mais de M. Han lui-même, et on hésite à le croire sur parole.

Le dalaï-lama, un adversaire du séparatisme tibétain ?

par Albert Ettinger, le 8 mars 2017

« It should be recognized that never in their long history have Tibetans accepted that they were part of China”, écrit le dalaï-lama en 1991 dans sa préface au livre « Tears of Blood » de Mary Craig. Pourtant Han Lianchao, dissident chinois installé aux États-Unis et fervent défenseur du dalaï-lama prétend que « contrairement à ce qu’affirme le Parti Communiste Chinois dans sa propagande, le Dalaï Lama n’est pas un séparatiste. » 1

Face à Vincent Engel qui a parlé de l’évolution de sa pensée sur le Tibet :

Des « spécialistes » font encore tourner leur moulin à prières bourré des mêmes mantras immuables

par Albert Ettinger - 22 octobre 2016

Le site www.tibet.fr vient de publier « une réplique à la chronique de Vincent Engel ». (1) Ses deux auteurs se présentent de prime abord comme « des spécialistes du Tibet et du bouddhisme ». Voilà déjà la première contrevérité, dans un article qui est composé d’omissions volontaires, d’insinuations, de faux-fuyants et de mensonges, et qui ne fait qu’illustrer la prétention, l’ignorance et/ou la mauvaise foi de ses auteurs. En fait, ils pratiquent justement ce qu’ils reprochent à leurs adversaires : propager « de la désinformation et des idées reçues sur le Tibet et le Dalaï-Lama ».

La «sagesse» et le côté obscur du Dalaï-Lama

Chroniques jeudi 29 septembre 2016, 12h44 - Vincent Engel

S’il est une personnalité qui semble faire l’unanimité dans nos pays, c’est bien Sa Sainteté le Dalaï-Lama. Comme le fait remarquer ironiquement Pascale Seys dans une récente chronique sur la RTBF*, même l’anticlérical le plus rabique lui donnera de « Sa Sainteté », tout en refusant farouchement d’user des mêmes termes pour désigner le pape François. Mais est-il si saint et si sage, ce Prix Nobel de la paix ?

Au sujet de la visite du dalaï-lama à Strasbourg :

Quand le religieux cache le business et la provocation politique

par Albert Ettinger le 16 septembre 2016

Mais où est donc passé Benoît XVI ? On se souvient : en 2013, Joseph Aloisius Ratzinger a renoncé à son poste de représentant de Dieu sur terre et de souverain de l’État du Vatican. Il s’est retiré dans un monastère du nom de « Mater Ecclesiae » et a déclaré vouloir être appelé dorénavant « Père Benoît », en toute modestie. Depuis lors, il n’a fait que de très rares apparitions publiques, à l'occasion de services religieux et de la remise de diplômes universitaires honorifiques. Dans le seul discours qu’il y a tenu, il a parlé de musique sacrée.

Dalaï lama : des nazis à la CIA

Théophraste R. (Ni kasava à manche unique ; ni soutane ni burkini, ni burkunu.).
Photo : Macron et le "chef spirituel..."

repris du site : « Le Grand Soir », 15/09/2016

Ce mardi 13 septembre 2016, dans son JT de 19 H, France Inter nous a annoncé la présence en France du dalaï lama, « chef spirituel des bouddhistes ».